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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 15:51

Les autorités de sûreté nucléaire britannique, française et finlandaise ont demandé aux exploitants et à Areva «d'améliorer la conception initiale de l'EPR» du point de vue de la sécurité.

L'EPR, le réacteur de troisième génération, actuellement en construction en France et en Finlande, est sous surveillance. Voici le message, fort, qu'ont voulu faire passer ce lundi les trois autorités de sûreté nucléaire, française, britannique et finlandaise.


Dans un communiqué commun, ces instances réclament une amélioration de la conception initiale du réacteur, notamment du point de vue de la sécurité. Sont concernés par cette demande aussi bien le fabricant du réacteur, le français Areva, que les différents exploitants de cette centrale nucléaire du futur, à commencer par EDF. Tandis que le premier a sous sa responsabilité le chantier finlandais d'OL3, le second conduit le projet de Flamanville, dans la Manche.

Les inquiétudes des autorités de sûreté portent sur le système de sécurité utilisé pour piloter le réacteur en cas d'incident ; ainsi que sur son indépendance vis-à-vis du mécanisme de contrôle en fonctionnement normal.


Face aux inquiétudes soulevées par les autorités de sûreté, Areva a aussitôt réagi. «Cette démarche de dialogue permanent entre les exploitants, les constructeurs et les autorités de sûreté fait partie intégrante du processus de certification et de construction des nouveaux réacteurs», souligne le groupe français, leader mondial du nucléaire. Et d'ajouter que «la sûreté du réacteur EPR n'est pas mise en cause et que le groupe travaille actuellement avec les autorités de chaque pays afin d'apporter des adaptations qui répondent aux exigences locales». Pour le groupe français, les choses sont bien claires : la pérennité de l'EPR n'est en aucun cas menacée, ni même la conception initiale de la centrale.


Interrogé également, EDF s'est engagé à ce que toutes les réponses soient apportées à l'Autorité de sûreté française avant la fin de l'année. L'électricien tricolore a également précisé que ces demandes ne remettraient pas en cause le calendrier prévisionnel de l'EPR de Flamanville, qui doit être opérationnel à l'horizon de 2012.

Défi industriel

Parmi les opposants déclarés au programme EPR, le réseau Sortir du nucléaire, qui fédère plusieurs associations, a demandé, ce lundi, l'arrêt définitif du chantier EPR en cours à Flamanville. Ainsi que l'annulation du projet de deuxième EPR, à Penly, en Seine-Maritime. «Ce ne serait d'ailleurs pas un précédent : plusieurs réacteurs en construction ou même déjà achevés ont été abandonnés dans différents pays», souligne l'association.


À travers l'EPR, c'est la relance du nucléaire qui figure en toile de fond. Et, avec elle, tout simplement le plus gros défi industriel qui attend EDF au cours des prochaines années. Car les enjeux financiers sont énormes, avec plusieurs pays cibles pour accueillir des chantiers hors normes.


En France comme en Finlande, où les prototypes de l'EPR sont actuellement en cours de construction, EDF et Areva ont été contraints de revoir les coûts à la hausse. Pour le chantier finlandais en particulier, Areva a été contraint de passer des provisions à de nombreuses reprises. Alors qu'en 2005 le coût initial du projet de réacteur de troisième génération était estimé à 3,3 milliards d'euros, il dépasserait désormais les 5 milliards d'euros.


Ce ne sont pas les inquiétudes des autorités de sûreté qui risquent de faire diminuer la facture. Mais pour ces instances, l'argent importe peu, seule compte la sécurité.
Le Figaro-02/11/2009- Frédéric de Monicault

Par Gaëtan Bazire - Publié dans : GE National - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
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