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***
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Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /2009 16:21

Par Florent Baarsch

 

La longue ritournelle des discussions officielles et informelles suit son cours. Après Bonn I, Bonn II voilà à présent que Bonn III se termine. Les négociations de Bonn III n’étaient pas « officielles » mais informelles, elles avaient pour objectif de réduire le document de négociations pour que les négociateurs puissent enfin se focaliser et discuter sur des points importants, fondamentaux et moins sur des points techniques. En termes plus imagés, il fallait diviser par quatre le document de négociations issu de Bonn II, passer de 200 et 50 pages maximum. D’une part pour rendre le texte intelligible et également pour supprimer les redondances, et répétitions de propositions faites par les différents États. En clair, pas un travail très excitant, mais hautement nécessaire avant d’entrer dans les cinq prochaines semaines d’âpres négociations (deux semaine à Bangkok en septembre-octobre, une semaine à Barcelone, puis deux semaines en décembre à Copenhague).


De plus, ces discussions permettent également aux pays de l’Annexe I (ceux devant réduire leurs émissions de GES) de faire état de leurs objectifs nationaux de réduction des gaz à effet de serre. Bonn II avait notamment permis au Japon d’exprimer ses objectifs (extrêmement faibles cf article : “It’s the first time I don’t time what to say”), ce fut cette fois au tour de la Nouvelle Zélande.

 

La présentation des objectifs de réductions pour la Nouvelle-Zélande a été l’un des points forts de cette semaine, annoncés lundi, premier jour de conférence, ils auront permis de montrer à quel point les pays de l’Annexe I ne sont pas à la hauteur de leur responsabilité. En annonçant un objectif compris entre 10 et 20%, la Nouvelle-Zélande se situe très loin de la fourchette conseillée par les scientifiques du Groupement Intergouvernemental d’Experts sur le Climat. Bien entendu, l’ensemble des ONG présentent en tant qu’observateurs à la conférence ont réagi à cette annonce, notamment en remettant le « Fossil-of-the-Day » à la Nouvelle-Zélande.

S’ensuit ensuite la conférence de presse de Monsieur Yvo de Boer secrétaire général de la Convention Cadre des Nations Unies qui a annoncé que les négociations avançaient avec en ligne de mire un objectif probable et certain de réductions des émissions compris entre 15 et 21% d’ici 2020 (toujours par rapport à 1990). Cette fourchette introduite par Yvo de Boer est assez inquiétante non seulement d’un point de vue scientifique, mais également d’un point de vue politique. Il vient probablement illustrer le recul européen et peut-être également français sur la question des objectifs. Pour rappel, l’Union Européenne dans sa décision du Conseil des Ministres du 3 mars 2009, ainsi que la France dans son mémorandum défendaient un objectif de réduction de 30% pour 2020 par rapport à 1990. Pour rappel, encore une fois, le GIEC nous adresse un quasi impératif scientifique de réductions compris entre 25 et 40% d’ici 2020 par rapport à 1990. Un article y a été consacré le jour de la conférence de presse : Laissez tout, nous nettoyerons la cheminée !.

 

Pour illustrer cet article, rien de tel que de reprendre les phrases prononcées d’une part par Yvo de Boer, qui déclare simplement :

 

« Si nous continuons à ce rythme, nous ne trouverons pas d’accord. »

 

Ou encore Jonathan Pershing, envoyé spécial des Etats-Unis d’Amérique pour les négociations sur le climat qui explique :

 

« Si nous n’avons pas plus de mouvements, ni plus de consensus que ce que l’on a vu ici (à Bonn III), nous ne trouverons pas d’accord ».

 

De plus en plus, le terme de stratégie ressort des discussions entre les membres du Réseau Action Climat International, la crainte d’une mise en place d’une stratégie cherchant à nous faire craindre que l’on ne trouvera pas d’accord à la fin de l’année pour en faire accepter un qui ne sera pas à la hauteur commence à s’installer. Se pose alors la question de savoir s’il vaut mieux un accord faible, mais un accord, ou bien alors pas d’accord avec la possibilité d’une CoP de l’urgence décidée pour l’année 2010.

 

Tout reste cependant encore possible, mais il apparaît très clair que les citoyens de monde entier doivent montrer leur volonté d’obtenir cet accord international sur le climat, respectant ces trois principes de base : équitable, ambitieux, et liant à l’égard des parties.

 

Mesdames et Messieurs les négociateurs, que faites-vous donc ?

Par Yoann Gontier - Publié dans : GE National - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
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