Lundi 2 août 2010
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En cette fin juillet, début aout, l’esprit de nos concitoyens est en vacances entre farniente et déconnexion avant une rentrée qui s’annonce dure. Et c’est justement ce moment charnière des
vacances d’été qu’a choisi notre Président N. Sarkozy pour prononcer à Grenoble le glas de nos valeurs depuis la Révolution de 1789.
En effet, notre devise, Liberté, Égalité, Fraternité est issue de la Révolution Française : elle apparaît dans le débat public avant la proclamation de la Première République prononcée par
Robespierre dès 1790. Or, vendredi 30 juillet 2010 le Président de TOUS les français demande notamment que la nationalité française puisse «être retirée à toute personne d'origine étrangère qui
aurait volontairement porté atteinte» à la vie d'un policier, d'un gendarme, ou de tout autre «dépositaire de l'autorité publique» ; faisant de ce fait deux catégories de citoyens français.
Catégorisation déjà entamée avec les populations gitane ou Roms.
Faisons un rapide constat historique, même si nous savons tous que ce gouvernement veut la mort de l’Histoire afin je suppose de contrôler les esprits.
Cette catégorisation me rappelle 1940, où le Maréchal Pétain avait déjà accusé les personnes d’origine étrangère d’être la cause de la défaite du 17 juin. Nous savons tous où a conduit la
politique de la Révolution Nationale de l’Etat Français.
Lors des deux Guerres Mondiales, l’armée ne faisait aucune différence entre ses soldats issus de l’Empire et ceux de la métropole bien au contraire nos braves tirailleurs sénégalais et marocains
étaient mis en première ligne.
Je suis issu d’une région, le Nord Pas de Calais, qui a été littéralement détruite en 1945, les gouvernements d’alors ont fait appel pour reconstruire la France tant physiquement
qu’industriellement aux populations de l’Empire ou aux personnes de pays européens plus pauvres (Pologne, Italie, Espagne, Belgique, etc. au XIX-XX° siècle). A l’époque, ces populations
salvatrices ont été mélangées dans nos célèbres corons, ensemble de maisons individuelles avec jardinet identiques formant une cité et où les différentes nationalités cohabitaient. Bien entendu,
ce n’était pas la panacée et des actes xénophobes ont eu lieu mais globalement au fond de la mine tous avaient la même couleur et risquaient de la même manière leur vie pour un salaire de
misère.
Vinrent les années 1960-70 et les crises économiques, il a fallu reloger les Harkis et les Pieds-Noirs, et les autres immigrants issus de nos anciennes colonies venus faire le travail que le
français dit de souche ne s’abaisse plus à faire. C’est alors que ces populations ont été parquées dans des barres comme la Courneuve, au début tout allait bien puis l’ennui est venu, à la cité
rien à faire alors on « zone » comme on disait en 1980-90 et on tue le temps. Notre faciès et notre géo-localisation nous empêche de travailler, nos écoles sont mises de côté, pas de crédits pour
la banlieue : « La société me rejette, je rejette la société»
Une crise a toujours un fautif en 1789 c’était Marie-Antoinette, Madame Déficit, en 1940 les juifs et autres étrangers, en 2010 à nouveau les enfants ou petits-enfants d’immigrés. Ceux là même
que nos politiques d’après-guerre ont appelé pour reconstruire la France et qui ont permis à ce pays de devenir la 4° puissance mondiale et qui donnent à la France une suprématie en athlétisme
européen, qui nous ont donné notre culture, nos idoles Sylvie Vartan est Bulgare, Johnny est belge, Zidane, Dalida ne sont ils pas issus de ce beau Maghreb, Myriam Soumaré nouvelle championne
d’Europe d’athlétisme n’est pas de l’Afrique subsaharienne ?
Comment ce beau pays, qui me permet d’avoir un ami d’origine marocaine, une cousine antillaise, d’autres normands, béarnais, hongrois ou polonais en est arrivé aux mêmes conceptions que Pétain ?
La France est elle raciste ? Marine Le Pen sera-t-elle au second tour comme son père en 2012 ? Je refuse d’y croire et je me battrai pour que cela n’arrive pas.
Je veux croire aux beaux discours du 18 juin, où est l’esprit de 1998 où tout un peuple ne faisait qu’un derrière une équipe de football à l’image de notre société ? Je veux croire à la France.
Et comme nous l’écrit si bien Diam’s « Ma France à moi, refuse de se soumettre à cette France qui voudrait qu'on bouge. Ma France à moi, c'est pas la leur, celle qui vote extrême, Celle qui
bannit les jeunes, anti-rap sur la FM, Celle qui s'croit au Texas, celle qui a peur de nos bandes, Celle qui vénère Sarko, intolérante et gênante. Celle qui regarde Julie Lescaut et regrette le
temps des Choristes, Qui laisse crever les pauvres et met ses propres parents à l'hospice, Non, ma France à moi c'est pas la leur qui fête le Beaujolais, Et qui prétend s'être fait baiser par
l'arrivée des immigrés, Celle qui pue le racisme mais qui fait semblant d'être ouverte, Cette France hypocrite qui est peut être sous ma fenêtre, Celle qui pense que la police a toujours bien
fait son travail, Celle qui se gratte les couilles à table en regardant Laurent Gerra, Non, c'est pas ma France à moi, cette France profonde... Alors peut être qu'on dérange mais nos valeurs
vaincront... Et si on est des citoyens, alors aux armes la jeunesse, Ma France à moi leur tiendra tête, jusqu’à ce qu'ils nous respectent»
J’espère simplement, que nous tous, français de souche, issu de l’immigration refuserons que la patrie des droits de l’Homme devienne la patrie du FN et des thèses xénophobes et racistes au lieu
de monter les français les uns contre les autres, messieurs les politiciens au pouvoir, vous feriez mieux de réduire les inégalités entre nous !
31/07/2010, par Marc Bernier-Crépin "Le Pari jeune"
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